• Chapitre 164:

    16 ans plus tard...

     

    Eden se tenait devant la porte de la classe. Elle avait peur. Sa mère l'avait accompagné devant l'école et l'avait déposée en ce matin de rentrée. Elle regarda dehors, inspira un grand coup et poussa la salle de classe. Aussitôt tous les regards se tournèrent vers elle. Elle respira plus vite, elle détestait être le centre d'attention... Mais il faut dire qu'elle l'était souvent malgré elle, son apparence était pour le moins singulière. Des cheveux tellement blonds qu'il en paraissait argent, ceux-ci naturellement parsemé de mèche violette qu'elle tenait de son grand père. Ces yeux aussi bleus que ceux de sa mère était cerclé de violet. Elle baissa le regard et alla jusqu'à une chaise de libre. Elle sentait une différence présence dans la classe, des loup-garou, des humains mais aussi... Un sorcier. Elle le chercha et le trouvant dans le fond de la classe, elle voulut se lever pour aller lui parler mais en voyant son regard n'osa pas bouger d'un cil. Elle fixa sa table, balançant nerveusement un pied.

     

    L’enfant aux cheveux d’argent dans lesquels serpentaient des mèches violettes se tenait là, nerveuse, et elle fixait sa table. Elle avait croisé son regard, et c’était pour cette raison qu’elle était dans cet état. Personne n’aimait son croiser son regard. Depuis sa naissance, c’était ainsi, on l’observait sans oser croiser son regard. Lui, l’hybride, la tare du clan. Pas un vrai descendant de Morgane qu’ils disaient tous, à moitié Vanek, qu’ils lui reprochaient, comme s’il y pouvait quelque chose. Mais cette fille, elle ne savait pas qui il était, alors pourquoi l’avait regardé ainsi ?

    Il concentra son regard sur autre chose, son stylo qu’il essayait tant bien que mal de faire tourner autour de index. Comme d’habitude, il échoua. Si les plus grands du clan l’avaient vu, ils se seraient moqué. Alors il plaqua violemment le stylo sur sa table, pour ne plus y retoucher, vexé contre lui-même. Et naturellement, son regard se releva vers la fille.

    Il venait de remarquer.

    Elle sentait la sorcière.

    Eden se mordait la lèvre, elle mourrait d'envie de se retourner à nouveau. Ses yeux, de ce qu'elle en avait vu, étaient... fascinant, mais trop timide elle n'osait rien faire. Elle resta à se balancer nerveuse. La maîtresse entra alors dans la classe.

     

    - Bonjour les enfants ! dit-elle avec un sourire.

    - Bonjour, répondirent les enfants en cœur.

    La maîtresse commença alors l'appel.

    - Myrdyr Eden ?

    - Ici, dit la jeune fille en levant la main timidement.

    La maîtresse lui sourit, puis continua l'appel.

    - Vanek Samiael ?

    - Présent, marmonna le garçonnet, si bas que la maîtresse l’appela de nouveau, le croyant absent. Présent ! répéta-t-il plus fort. Toujours cette habitude de parler bas. Sa mère lui répétait sans cesse de hausser la voix, mais il n’y pouvait rien, elle était ainsi, trop faible qu’on ne l’entendait qu’à peine. Il n’aimait pas se forcer à parler fort. Il n’était pas lui-même quand il parlait fort.

    L’appel continua. Les autres élèves y répondaient soit par « présent » ou par « oui », certains levaient fermement la main, sûrs d’eux, et d’autres plus timides, cachaient leurs visages derrières leur bras tendu en l’air. Puis le dernier nom fut appelé, et la maîtresse ferma son cahier d’appel.

    Eden avait instinctivement tourné le regard vers le petit garçon qui l'intriguait apprenant ainsi son prénom. Elle se mordilla la lèvre et regarda à nouveau devant elle.

    - Bien, dit la maîtresse en se levant, je suis Harmonie et je serais votre enseignante pour tout le reste de l'année.

    La première partie de la matinée se déroula sans incident. La récréation sonna et les élèves sortirent dans la cour.

     

    Eden se mit dans son coin, s'asseyant sur un banc, et regarda les autres enfants. Elle n'osait pas aller vers eux trop timide, mais surtout elle cherchait celui que s'appelait Samiael, elle voulait essayer de lui parler.

     

    Une brique de jus d’orange dans les mains, la paille plantée dans sa bouche, Samiael marchait sans but dans la cour. Son regard était perdu sur le bitume. Il avait pris cette habitude de marcher sans se soucier du monde extérieur depuis qu’il avait commencé à côtoyer les autres enfants du clan. S’il ne regardait que le sol, et pas les autres, on le laissait tranquille, et c’était ce qu’il aimait le plus.

    Son errance le mena vers un banc. Il se stoppa net pour ne pas rentrer dedans. Des petits pieds se balançaient sous ses yeux, quelqu’un était assis là. Alors, pour la première fois depuis le début de la récréation, il leva les yeux, et ils rencontrèrent ceux bleu et violet de la fille argentée.

    Eden se figea en voyant Samiael devant elle. Elle ne s'attendait pas à ce que le jeune garçon soit déjà en face d'elle. Elle ouvrit la bouche et un mince filet de voix en sorti, aussi doux et léger qu'une brise.

    - B-bonjour..., le pouvoir du jeune garçon la percuta, il était puissant, très puissant. Autant qu'elle, peut-être même plus, elle ne savait pas. Ses propres pouvoirs évoluaient étrangement mélange entre deux pure produits Merlinois et quelques choses de plus sombres... C'était pour ça qu'elle évitait les autres enfants, mais... Avec lui ça ne pouvait qu'être différents, c'était un sorcier après tout ? Elle chercha quelque chose à dire, puis surpris le regard dur de Samiael et se sentit fautive. Avait-elle fait quelque chose de mal ? Elle n'eut pas vraiment le loisir de le demander puisqu'il enchaîna.

    - Salut… répondit-il de sa faible voix, mais il était tellement près de la fille qu’il était sûr qu’elle l’entendait.

    Avait-il vraiment envie de lancer la conversation ? Il ne la connaissait pas après tout, et elle était une sorcière. Une sorcière qu’il n’avait jamais vu parmi les descendants de Morgane. Elle ne pouvait que faire partie de l’autre groupe. Une descendante de Merlin. On lui avait toujours dit de détester ce groupe de sorciers et sorcières. On le reniait bien assez, si on apprenait qu’il avait parlé avec l’un d’entre eux, on le détesterait encore plus… Il ne savait plus vraiment quoi faire.

    Tant pis, il répondrait qu’il ne savait pas qu’elle était une descendante de Merlin.

    - J’suis Samiael. Tu peux m’appeler Sam. Enfin, c’est comme tu veux.

    Un timide sourire se forma sur ses lèvres lorsqu'elle l'entendit lui répondre,

    - Enchanté... Moi c'est Eden, dit-elle.

    - Sam ! Cria une voix plus. C'était un grand, un des collégiens. Il se plaça devant les deux enfants les bras croisés et la mine revêche, pourquoi tu lui parles ? C'est une faiseuse de catastrophe ! C'est une sale merlinoise, cracha-t-il avec haine.

    Eden se raidit et baissa les yeux. Ils la détestaient depuis le bac à sable, depuis qu'elle avait osé aidé l'un des leurs qui tombait. Elle ne l'avait pas fait exprès, elle avait juste voulu qu'il ne se fasse pas mal et le petit garçon était retombé comme une fleur sur ses pieds. Sauf que les descendants de morganes dont faisait partie le grand ne l'avait pas entendu de cette oreille et disait à qui voulait bien l'entendre qu'elle avait provoqué la chute de l'enfant et que c'était juste un coup de chance qu'il ne soit pas mort.

     

    Eden se prépara à partir, elle ne voulait pas attirer d'ennuis au jeune garçon.

    - Et toi ? Pourquoi tu parles à l'un des notre espèce de tarée ? lui demanda-t-il.

    - Je... je ferais mieux de partir, je-je ne savais pas, bredouilla la fillette tête basse en se levant pour partir.

    - Eh William, laisse-la tranquille…

    - Qu’est-ce que tu dis Sam, j’entends pas ta voix, parle plus fort.

    - Laisse la tranquille, répéta-t-il en se forçant à hausser le ton.

    Il faisait pale figure face au grand. Lui, le garçonnet de six ans qui voulait se prendre pour un héro en protégeant quelqu’un, mais qui n’arrivait même pas à se faire entendre. William était plus âgé que lui, beaucoup plus grand, plus fort, il était toujours le premier à se moquer de Sam quant à ses origines, à le considérer comme un intrus parce que sa mère était une Vanek. Qu’il l’ait traité comme l’un de leur espèce était tellement hypocrite. S’il avait eu le courage et la force, Samiael lui aurait foutu son petit poing dans sa figure.

    - On ne parle pas aux merlinois, Sam, et on ne les laisse pas tranquille non plus, rétorqua William.

    Sans s’en rendre compte, la main refermée en poing de l’enfant s’écrasa sur le nez du plus grand. Le temps s’arrêta, William porta ses doigts sur son nez, qui n’avait reçu aucun dégât tant la force de Samiael était moindre. Mais sa vengeance serait la même.

    - Oh oh…, souffla le petit Vanek.

    Il s’empara de la main d’Eden.

    - Cours ! lui hurla-t-il.

    Eden écarquilla les yeux en voyant Samiael faire. Elle ne comprit pas non plus, pourquoi s'il était descendant de Morgane il tentait de la protéger. Elle sentit sa main prendre la sienne et il lui hurla de courir en l'entrainant à sa suite. Elle trébucha sur les premiers pas avant de se mettre à courir à son tour. Très vite, ils entendirent les grands se lancer à leur poursuite. Soudain Eden marmonna quelque chose et ils disparurent. Sur le toit. Eden les avait téléportés sur le toit. Elle poussa un cri en voyant le vide devant elle et recula tombant sur Samiael.

    - P-pardon. dit-elle en roulant sur le côté et se relevant, elle reprit son souffle. Encore une fois, ses pouvoirs s'étaient manifestés sans qu'elle ne le désire. Elle avait seulement voulu qu'ils disparaissent de leur vue, et elle les avait téléportés sur le toit. La bonne affaire, comment allaient-ils redescendre ? La porte était sûrement fermée. Enfin, elle s'en inquiéterait plus tard. Pour le moment, elle voulait comprendre pourquoi un morganien l'avait aidé.

    - P-pourquoi tu as fait ça ? Tu... Tu vas te mettre ton clan à dos... Je..., elle ne sut pas trop quoi dire d'autre se mordant à nouveau la lèvre comme un tic nerveux. Elle se retenait surtout de prendre une de ses mèches de cheveux et de la mâchonner comme elle le faisait habituellement. Sa mère riait de cette mauvaise habitude et essaya de la lui faire perdre. Elle finit par reprendre,

    - Je ne vaux pas la peine que tu te mettes les tiens à dos mais... Merci, finit-elle par murmurer de sa petite voix. Elle baissa à nouveau les yeux, timide ses joues rougissant sous l'effet de la gêne.

    - De rien, répondit le garçon avec une sincérité déconcertante et un sourire s’étendant jusqu’aux oreilles.

     

    Frapper William lui avait fait le plus grand bien. Il en rêvait depuis si longtemps, mais n’avait jamais trouvé le courage de le faire. L’euphorie coulait encore dans ses veines, il se soucierait des conséquences plus tard. William l’attendrait sûrement à son retour au clan, prêt à lui donner une bonne leçon, et personne parmi les morganiens ne prendrait sa défense, mais qu’importait.

    Samiael se rapprocha de la porte qui menait au toit, ou plutôt, celle qui les mènerait en bas. Fermée. Et ce n’était sans doute pas sa magie qui l’aiderait à faire quoi que ce fusse au verrou, elle était bien trop faible. Mais celle de la fille… Elle les avait téléportés ! Il n’en revenait toujours pas. Elle était d’une puissance exceptionnelle, une puissance que le garçonnet n’avait jamais vue.

    - Au fait, ajouta-t-il. Je t’ai aidée parce que je suis comme toi ! Moi non plus les morganiens ne m’aiment pas, même si en public ils font semblant. Dis, t’as pas quelque chose qui fait ouvrir les portes dans tes pouvoirs ? demanda-t-il ensuite, changeant complètement de sujet.

    Eden fut déconcertée par le sourire de Samiael. N'avait-il pas peur ? Comment pouvait-il être aussi serein ? Il allait se faire gronder par sa famille en rentrant ! A sa surprise il lui avait répondu que les morganiens faisait semblant de l'aimer... Et alors elle se senti proche du jeune homme même si elle se sentait triste pour lui.

    - Pourquoi ils ne t'aiment pas  si vous êtes pareil ? Moi c’est parce que je suis descendante directe de Merlin... Elle ne comprenait pas vraiment à vrai dire elle ne savait pas différencier les magies. Elle était encore trop jeune même si, inconsciemment, elle ressentait une différence entre celle qui animait Samiael et les autres morganiens.

     

    Elle s'approcha de la porte. Et se mordilla la lèvre

    - Je ne sais pas... Je... Je ne contrôle pas vraiment mes pouvoirs, avoua-t-elle honteuse en se mettant à mâchonner une de ses mèches de cheveux. A leur âge, la plupart des enfants des clans maîtrisaient leur pouvoir, ou en tout cas, choisissait quand les utiliser ou non, ils ne se manifestaient pas à leur insu. Ils continuaient de les développer, jusqu’à leur vingt-et-un ans, mais ayant consicence de faire appel à eux. Elle n’était plus un bébé depuis longtemps, elle était censée pouvoir faire ça ! Malheureusement, trop souvent, elle ne choisissait pas ou n’arrivait pas à faire appel à eux, lorsqu’elle en avait vraiment besoin, non sans un effort de concentration très intense.

     

    Samiael tenta de nouveau d’ouvrir la porte, comme si soudainement elle allait se déverrouiller, mais c’était inutile, elle était bloquée. Le personnel de l’école fermait toujours la porte qui menait au toit pour que les élèves ne s’y aventurent pas, ne s’imaginant pas une seule seconde que des petits sorciers pourraient s’y téléporter.

    Il n’essaya même pas d’utiliser ses pouvoirs. Car s’il savait, malgré son jeune âge, les contrôler, il les savait bien trop faibles pour ouvrir une porte verrouillée. Il était encore trop jeune pour avoir de tels pouvoirs.

    - On n’est pas pareils, William et moi. Lui est un morganien et moi, eh bah, mon papa est morganien, mais pas ma maman, c’est une Vanek, du coup je suis à moitié Vanek, et apparemment, ça les embête, mais je n’ai jamais vraiment su pourquoi… ajouta-t-il tout bas.

     

    Il arrêta sa fausse concentration sur la porte et se laissa tomber par terre.

    - Si on ne peut pas ouvrir la porte avec nos pouvoirs, il faudra qu’on nous ouvre. Ou alors on peut rester ici pour toujours, t’en dis quoi ? plaisanta-t-il avec un demi-sourire sur les lèvres.

    Eden le regarda s'activer à nouveau sur la poigné de porte. Elle ne savait vraiment pas si elle arriverait ou à les téléporter à nouveau ou à ouvrir la porte. Elle fronça les sourcils en l'entendant dire. En quoi être mélanger à une autre famille de sorcier était-il un problème ? Elle avait entendu parler de la lignée Vanek, qui avait été une grande lignée de sorcier avant de perdre peu à peu de sa puissance.

    - Ils sont bêtes, dit la fillette, elle eut un rire lorsque qu'il lui proposa de rester ici pour toujours, ça sera bien, ils nous embêteraient plus ! dit-elle avec espièglerie, mais mes parents et mes frères s'inquiéteraient... Je peux essayer d'ouvrir mais.... Je ne suis pas sûre de réussir.

    Elle s'approcha de la porte et la fixa, souhaitant de toutes ses forces qu'elle s'ouvre. Une énergie brute s'éveilla en elle, grandissant de plus en plus et heurta la porte sans vraiment sembler répondre à un quelconque appel. La sueur coula le long du front d'Eden qui se mordait les lèvres pour garder sa concentration.

    Il avait envie de lui dire d’arrêter, si elle continuait de se mordre ainsi la lèvre, le sang finirait par en couler, mais une meilleure idée lui vint en tête. Il se leva et plaça ses mains devant la poignée. C’était sa technique pour mieux contrôler ses pouvoirs : utiliser ses mains. Et il joignit alors ses pouvoirs à ceux de la petite sorcière. À deux, il en était sûr, ils pourraient venir à bout de cette porte.

    Au bout de quelques secondes à peine, il se sentit faiblir. Si la porte continuait de refuser de s’ouvrir, il serait bientôt obligé de déclarer forfait, avant qu’il ne soit trop fortement affecter.

    Puis un clic se fit entendre. Le verrou avait tourné, la porte était déverrouillée. Il alla pour l’ouvrir, prêt à descendre rejoindre les autres dans la cour, mais son manque d’énergie l’en empêcha et il s’écroula au sol.

    Eden sentit Samiael s'effondrer à terre et en fut effrayé la porte était ouverte mais à quel prix ? Elle se laissa tomber près de Samiael inquiète

    - Samiael ? L’appela-t-elle. L’avait-elle tué ? Elle ne voulait pas y penser cela lui faisait trop peur. Elle fit alors un geste qu'elle avait vu sa mère faire des centaines de fois et posa ses mains de chaque côté des tempes de Samiael et se mordant à nouveau une mèche de cheveux pour se concentrer et une lueur diffuse passa du bout de ses doigts à Samiael apaisant sa fatigue... Du moins elle espérait. C’était l'une des seules choses qu'elle réussissait, elle espérait juste que cela ne blesserait pas Samiael....

    Une sensation agréablement réconfortante se diffusait dans tout le corps de l’enfant. La douleur et la fatigue dus à l’excès de magie s’échappait peu à peu de lui. Bientôt, il se sentait bien, apaisé, et il aurait voulu être dans cet état pour toujours.

    Il ouvrit les yeux, et découvrit le visage d’Eden concentré, ses yeux affolés et une mèche de cheveux en travers de sa bouche, complètement mâchonnée et trempée de salive.

    C’était elle. C’était sa magie qui l’avait soigné.

    Il prit les mains de la fillette dans les siennes et les écarta de ses tempes, pour lui signaler qu’elle n’avait plus besoin d’utiliser ses pouvoirs, qu’il allait mieux. Son visage montrait qu’elle était toujours sous le choc, elle avait eu peur pour lui, alors pour la rassurer, il lui sourit.

     

    Eden le regarda un peu gênée. Elle n’aurait peut-être pas du paniquée autant... Il allait la prendre pour une fille bizarre, déjà qu'elle était pour les autres du clan une honte parce qu’elle ne maîtrisait pas totalement ses pouvoirs mais s'ils savaient... Elle lui fit un petit sourire, elle apprécia la chaleur de ses mains contre les siennes glacées mais trop vite elle se força à les retirer et les mis dans son dos.

    - On... On ferait mieux descendre.... La maîtresse va nous gronder si on arrive en retard... Murmura-t-elle en baissant les yeux.

    Ils ouvrirent la porte, qui accepta cette fois-ci de coopérer et descendirent. La cloche avait déjà sonné, et tout le monde était rentré en classe. Tant mieux, après tout, car ils ne tomberaient pas sur William.

    Mais la maîtresse, elle, n’était pas contente. Quand les deux enfants entrèrent dans la salle de classe, elle les attendait de pied ferme, les bras croisés contre sa poitrine.

    - Puis-je savoir où vous étiez ?

    - Sur le toit, répondit Samiael avec tout l’honnêteté du monde.

    Mais comme d’habitude, il avait parlé trop faiblement et la maîtresse lui fit répéter.

    - Le toit est fermé, arrête de raconter n’importe quoi et files à ta place ! Et toi aussi, Eden, ajouta-t-elle d’un ton plus calme.

    Le regard des autres était dardé sur lui, on le prenait pour un menteur. Il aurait peut-être vraiment dû mentir, mais il ne savait pas mentir. La rentrée commençait bien…

     

    Eden se mordit la lèvre avant de dire

    - C’est vrai maitresse... La porte du toit était ouverte... Et on était dessus...

    La maitresse fronça les sourcils. Eden n'était pas connue pour mentir. Inquiète, elle sortit dans le couloir attrapant un surveillant pour veiller sur sa classe.

    Eden se rassit ses jambes se balançant sur un rythme imaginaire. Quelques instants plus tard Harmonie revint la mine soucieuse. Elle recommença son cours jusqu'à l’heure du déjeuner.

     

    À l’heure du déjeuner, le ventre de Sam était horriblement tordu. Il pensa une seconde à aller voir l’infirmière, mais il savait que la médecine ne pourrait rien. Il avait juste peur de William, qui l’attendait sûrement pour lui faire la peau.

    Et il avait eu raison. William était là, juste devant la cantine, car il savait que le garçonnet allait passer par là s’il voulait manger. Soudainement, il n’en avait plus vraiment envie. Mieux valait peut-être rester le ventre vide.

    Mais il devait négocier avec lui. Négocier son silence. Il ne devait en aucun cas dire aux autres morganiens qu’il avait défendu une merlinoise. Sinon la réputation de Sam deviendrait pire encore.

    Prenant son courage à deux mains, il se présenta devant le grand, tremblant de tous ses membres.

    - Sam, je ne pensais pas que tu oserais faire ce que tu m’as fait. Je ne dirais rien à une condition. Que tu ne lui parles plus.

    L’enfant hésita, puis accepta, la mine basse et l’œil humide. Quel autre choix avait-il, de toute façon ?

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  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Décembre 2019 à 19:59

    ils sont mims **

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